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CHAUDIÈRE À CSR*
* Combustibles Solides de Récupération
En termes courants, il s’agit d’un incinérateur de déchets.
« Chaudière à CSR » est une formulation marketing afin de véhiculer une image plus propre, le mot « incinérateur » ayant une forte connotation de pollution.
28 juillet 2026 – Extrait du communiqué, concernant le CSR
Présents : Hervé Carrère, Francis Finot, Pascal Lachaud ; Sylvie Ortega
Le PCF No Pasaran a fait état de ses préoccupations après la visite des installations de PSI et de Dalkia. Nous avons réitéré nos revendications.
– Incinérateur de déchets industriels: Nous rappelons que nous ne sommes pas favorables à l’incinération dans ces conditions de nomenclatures, (meilleures normes industrielles existantes). Nous nous référerons aux normes OMS. Nous sommes pour une réduction très importante des déchets à la source, donc chez les industriels, notamment aller vers la fin du plastique. Les PFAS ne peuvent être détruits que par la torche à plasma.
– Nous sommes pour un service public des déchets, qui ne soit pas une source de profit de plus pour les actionnaires de VEOLIA, DALKIA et ARKEMA.
– Nous voulons la transparence sur les subventions publiques perçues par les entreprises, (80%) du total des investissements.
– Le tri des déchets à PSI ne peut être réalisé dans une atmosphère saturée en poussières de toutes origines qui vont affecter la santé des travailleurs et travailleuses du site, ainsi que celle des riverains. D’autres investissements devront être réalisés pour répondre à de bonnes conditions d’hygiène et de sécurité, notamment sous caissons étanches avec évacuation dans des bennes fermées.
– La plasturgie qui est incinéré représente un taux supérieur aux normes DREAL. Ce taux doit être ramené à 12%.
– Le pilotage du site par informatique est largement incomplet et ne constitue en rien un laboratoire. Il devra être complété par le matériel nécessaire.
– La compétence des professionnels n’est pas mise en doute mais le laboratoire de PSI est complètement obsolète.
– Les mâchefers bourrés de métaux lourds et de PFASS, qui sortiront de l’incinération représenteront 25% du total soit plus de 10.000 tonnes par an qui seront enfouies à Graulhet ??
Mme Ortega transmettra ce compte rendu au conseil municipal
21 juillet 2026 – Communiqué de presse
CSR à Lannemezan: une vitrine industrielle moderne, mais des questions financières et scientifiques encore en suspens.
L’incinérateur de déchets qui va brûler des Combustibles Solides de Récupération est en phase de test. A partir de début août, il sera en rythme de croisière. Il est utile et nécessaire de rappeler la position du PCF No Pasaran plateau de Lannemezan et vallées. Les industriels, mais aussi l’Etat ne peuvent pas échapper aux réponses qu’ils sont censés apporter. La première serait de rendre public les dotations d’Etat via l’ADEME, des différents services de l’Etat et des collectivités territoriales, du niveau de subventions publiques octroyées à Dalkia, Arkema et PSI. Avez-vous ces réponses ? Sans l’ombre d’un doute, cette montagne d’argent provient des 211 milliards de subventions publiques octroyés aux entreprises, sans aucune contrepartie (cf rapport du sénat F Gay sur les aides publiques aux entreprises)
Au-delà des discours politiques, la réalité s’impose. Qui accepterait aveuglément de consolider la rémunération des actionnaires sans aucune contrepartie ? Notamment en termes d’emplois hautement qualifiés, de formation, de sécurité au travail et de protection de l’environnement ?
Les contribuables à qui on demande de payer toujours plus d’impôts pour moins de services publics ? Ou bien affronter la réalité et réduire la quantité de déchets à la source en taxant fortement les entreprises qui continuent de les produire sans état d’âme, non le simple citoyen qui se débat pour survivre…
Il est utile de rappeler que ce sont bien les citoyens et les salariés qui payent pour des déchets produits par les entreprises. Même si les statistiques affichent que 40%, des traitements des déchets sont financés par les entreprises selon le principe pollueur-payeur. Ce sont toujours les employés, les petits producteurs, qui assument le processus de création de richesses. 60% du traitement restant sont bien à la charge des citoyens via l’impôt, pour un total de 22 milliards. Nouveau filon sobrement appelé « recyclage ou économie circulaire » exploité par les entreprises comme Veolia, Dalkia…
L’investissement de 27 millions d’euros annoncé par PSI Environnement à Lannemezan marque une transformation importante de la filière locale des déchets. Une nouvelle unité de production de combustibles solides de récupération (CSR), une chaudière moderne hors normes, des équipements industriels récents. Le projet affiche clairement une ambition de transition énergétique même si les économies de CO2 restent faibles (15% en moins). Valoriser des déchets qui auraient été enfouis est un objectif compréhensible et nécessaire. Mais une réflexion éthique doit être posée : “une industrie du XXIᵉ siècle ne peut pas seulement investir dans la production, mais peut et doit investir avec la même exigence dans la connaissance, la mesure et la prévention des risques” et c’est précisément là qu’apparaît l’autre paradoxe…
Lors de la visite technique des installations, le contraste entre la modernité de l’outil industriel et l’état du laboratoire environnemental est frappant. La chaudière et les lignes de préparation bénéficient d’investissements lourds, alors que le laboratoire chargé du contrôle environnemental interne et quotidien apparaît beaucoup plus ancien, avec des locaux vieillissants, et largement hors normes. Ce déséquilibre interroge. À l’époque des PFAS, des micros plastiques et des nanoparticules, le contrôle environnemental ne peut plus se limiter aux polluants historiques. Les enjeux de demain nécessitent des infrastructures analytiques modernes capables de détecter des contaminants complexes, parfois présents à des concentrations extrêmement faibles.
Par-dessus tout, le grand sujet en suspens concerne la fabrication même du CSR. Avant de produire de l’énergie, il faut broyer les déchets. Cette étape génère des quantités importantes de poussières. Lors de la visite, l’air de l’unité de tri et broyage apparaît fortement chargé en particules, avec un brouillard visible et des accumulations très importantes de poussières.
Que contiennent réellement ces poussières ? Des fragments de plastique ? Des fibres synthétiques ? Des métaux ? Des résidus chimiques ? Des PFAS issus de certains matériaux traités ? Des agents biologiques ? La question mérite une réponse scientifique précise car les premiers concernés sont les salariés qui travaillent quotidiennement au contact de ces atmosphères complexes et les riverains.
Dans une démarche industrielle exemplaire, le suivi des travailleurs devrait devenir un indicateur central. Il doit être intégralement pris en compte par les entreprises en effectuant des choix de gestion qui ne soient pas tournés uniquement vers les actionnaires, mais bien sur ceux qui créent la richesse donc les travailleuses et travailleurs. Des mesures individuelles d’exposition, donc de prévention comprenant, une caractérisation chimique complète des poussières, des recherches des micros plastiques et PFAS, un suivi respiratoire sur plusieurs années, et une conservation des données permettant d’évaluer les effets à long terme. Une étude épidémiologique des riverains devrait aussi être lancée.
Pour convaincre, il faut prouver scientifiquement, sourcer. Tout le monde connaît les méfaits des émanations des déchets incinérés dans l’atmosphère et les retombées sur les sols, les cours d’eau et sur la santé des populations et de tous les êtres vivants. Pierre Bénite en est le pire exemple, Martre Tolosane suit… Les indicateurs fournis par les industriels ne sont que ceux qu’ils ont définis eux-mêmes sans les corroborer avec d’autres dont ceux de l’OMS, hautement fiables. L’approche primordiale nous semble être la qualité de l’air respiré par les salariés et la capacité à détecter les risques émergents. L’investissement industriel de Lannemezan élude les réponses aux questions par cette nouvelle affaire nommée « techno solutionisme » qui ne crée pas les conditions nécessaires à la protection des populations car elle n’est guidée que par l’objectif unique de profits immédiats. Pour être totalement cohérent, l’effort financier devrait aussi porter sur l’expertise scientifique indépendante, les moyens analytiques et la santé au travail. Une industrie moderne ne se juge pas seulement à la taille de ses machines, mais aussi à la qualité des instruments qui permettent de comprendre leurs impacts pour les éliminer.
23 juillet 2024 – Avis sur le dossier Oméga (Chaudière à CSR)
Ce dossier, porté par les entreprises PSI, Dalkia et Arkema, soutenu par le Président de la Communauté de Communes du Plateau de Lannemezan, consiste à brûler dans une chaudière des déchets d’ameublement et de biomasse afin de produire de la vapeur d’eau pour l’utilisation qu’en fait Arkema. L’objectif pour les industriels consiste à réduire leur consommation de 18.000 tonnes de Gaz par an.
Le premier avis que nous portons sur le projet nécessite effectivement une confrontation dans le cadre d’un débat public entre les citoyens, les organisations syndicales de salariés des sites concernés, les associations environnementales, les porteurs de projets, les collectivités territoriales et l’Etat.
La nécessité d’ouvrir les portes de la démocratie, évacuée sur ce dossier, pour aborder les questions relevant de la politique régionale de réduction de déchets. Nous pourrions penser immédiatement à limiter leur production mais aussi l’enfouissement dans le sol et dans l’espace. Le cadre opérationnel d’une telle politique ne peut rester dans les seules mains des spécialistes.
Le premier constat est qu’aucune politique publique d’Etat n’est contraignante pour limiter la production de déchets à la source, notamment en supprimant les suremballages de l’industrie d’origine fossile, dérivée du pétrole.
Le second constat est bien que la diversité des déchets produit nécessite une approche de politique publique qui ne délègue pas la compétence sans les moyens aux collectivités territoriales qui elles même font appel au secteur privé lucratif pour s’en charger.
La production totale de déchets non traités par les syndicats mixtes dans notre pays constitue donc une manne financière de plusieurs milliards pour les entreprises privées.
Le troisième constat est bien celui des techniques d’élimination des déchets, en l’occurrence comment se prémunir de la toxicité. Ce qui relève de la chimie et de la transformation des molécules en gaz ou en métaux lourds, en particules assimilables par les organismes vivants, donc aux conséquences des émanations sur la santé humaine. Cela exige une clarification technique. Celle-ci est possible aujourd’hui au regard de l’état des connaissances à condition que les fiches de sécurité déclinant les caractéristiques des produits entrant dans la chaudière soient identifiées produit par produit.
Il conviendra aussi de connaître les températures auxquelles les produits devraient être brûlés pour estimer leur transformation chimique ou pas.
Charge aux études et aux confrontations des études de prouver la non-toxicité par des moyens techniques adéquats, par exemple la durée de vie totale des émissions jusque dans les filtres.
En l’état actuel, le PCF No Pasaran plateau de Lannemezan et vallées souhaite que les porteurs de projets appliquent le principe de précaution en procédant au moratoire sur la construction de la chaudière.
Les réponses suivantes devront être apportées par les porteurs de projets.
– conduite d’un audit sur les process, les caractéristiques techniques de chaque produit entrant, les températures de chauffe, la durée de vie totale filtre inclus
– conduite d’un débat public avec les acteurs mentionnés ci-dessus, quel est le plan régional opérationnel pour réduire drastiquement à la source les déchets et les traiter en intégrant l’innocuité pour tous les organismes vivant.
– montage financier, pourquoi le contribuable paye l’enlèvement des déchets, que l’entreprise chargé du tri est rémunérée une première fois puis est subventionné par l’ADEME et d’autres fonds publics Quel est le gain total pour les entreprises privées ?
Nous exigeons la prise en charge intégrale par un service public de gestion de tous les déchets.
16 juin 2023 – Délibération de la commune de La Barthe de Neste contre cela
Liens vers le Collectif Neste Plateau sans CSR
et leur page Facebook, qui décrivent l’installation et ses risques pour la santé.