POLITIQUE GÉNÉRALE

Passer du déclin au possible communisme

La violence du néolibéralisme entre dans une phase de méconnaissance pour l’immense majorité de la population car l’articulation du miroir du consumérisme et de l’individualisme exacerbé évite une conscientisation de l’analyse de la crise. Le cadre du contrat individuel se substitue en tous domaines au contrat collectif protecteur tant qu’il était pensé, structuré et faisait obligatoirement appel au vécu et au réel partagé, aux luttes conquérantes. L’analyse de classe laissant la place à des inconnues fabriquées de toutes pièces par les labos dépeceurs du sens de l’humanité portée depuis 7 décennies. Ainsi les termes galvaudés de « gouvernance, société civile » ont eut raison des structures démocratiques perfectibles et deviennent l’articulation du management totalitaire. Le terme « politique » suscite rejet tant il est assimilé à une classe hors sol qui pense pour elle et agit pour elle. L’interventionnisme de l’Etat en tant que force de défense permanente de la grande propriété privée est caractéristique de la célérité à continuer de marchandiser chaque pan, chaque minute de la vie et donc de la création de richesses produites, échappant complètement à ceux qui les produisent. L’économie circulaire érigée en nouveau dogme pour continuer à émarger sur les aspects qui devraient devenir les communs accessibles notamment la question de la gestion des déchets et de l’ensemble des cycles de production nécessitant tous une réutilisation complète des matériaux jusqu’à leur stade ultime. A joutons à cela une absence totale de planification et une main mise du secteur privé sur la quasi-totalité de l’économie, du système bancaire, des médias, des ressources naturelles quantifiées pour servir uniquement le capital et ses actionnaires.
La noirceur du tableau accompagné des conflits coloniaux pour le contrôle de sols, sous sols, de l’eau et de l’hégémonie culturelle de l’exploitation finalise le tableau, avec en exergue les bouleversements climatiques qui défraient la chronique au quotidien tant ils sont dévastateurs pour les peuples, les écosystèmes, la biodiversité, le vivant. Dans ces conditions, il est clairement posé l’utilité du PCF et des ses organisations pour reconquérir le droit à « humanité » ou à une humanité construite et partagée. Le matériel conceptuel et le patrimoine collectif du PCF devrait en faire une force incontournable. Face au désespoir, aux mensonges permanents de la classe dominante et de ses alliés, il est inconcevable que la force organisée communiste ne se redéploye pas sur deux axes complémentaires. Aborder la question des communs et en ce sens l’effort porté par la commission écologie et le document Empreinte 2050 est un bon marqueur pour retravailler la question de l’imaginaire essentiel à tout projet émancipateur de classe, révolutionnaire de surcroit. Ce qui est donc posé est bien la bataille culturelle pour reprendre le sens de la lutte de classe afin que la classe ouvrière et ses allies face classe ensemble. Celle-ci ne peut en aucun cas se satisfaire de propos démagogues et populistes de certains de nos dirigeants nationaux, ni de recherche d’affrontement permanents avec d’autres forces de gauche. Constater que les services publics sont dépecés jours après jours, lutter pour leur maintien est une chose dans le cadre des réponses aux besoins sociaux. Poser des cadres de réponses atteignables grâce aux luttes des travailleurs et des populations permettrait de renouer avec l’utilité des organisations communistes de proximité. Passer de l’envie et de la démarche à l’action change la donne et redonne espoir. Par exemple sur la question de l’accessibilité alimentaire digne pour toutes et tous. Ce que nous avons comme idéal est le droit universel à une alimentation digne, ce que nous pouvons obtenir dans les luttes est bien l‘utilisation du service public et de ses infrastructures pour passer de la fabrication de 5 repas par semaine pour les scolaires à 14 repas pour tous les citoyens. La question technique sera résolue par le cadre de planification, d’apprentissage, d’implication de professionnels de la production (paysans), de la transformation, de la distribution et les mangeurs qui pourront devenir producteurs ou transformateurs dans un cadre d’éducation populaire. Cela implique que ces questions soient portées politiquement afin de passer de la banque alimentaire subie à un cadre d’alimentation digne choisie et construit, qui respecte l’environnement et les hommes et femmes qui produisent. Le cas d’école sur d’autres sujets est identique un atelier coopératif public et ou associatif, avec la possibilité pour chaque citoyen de continuer à être formé, encadré, accompagné sur tel ou tel type de métier pour qu’il puisse se fabriquer sa table de chevet, souder une grille, réparer une fuite… La question du lien social et du sens de nos vies communes re-questionne obligatoirement les contenus de nos interventions mais surtout la velléité de construire des espaces et des lieux communistes afin de redonner espoir y compris à de nombreux camarades qui sont en retrait de la vie politique aujourd’hui. Comment pourrait-on avoir une démarche de visée communiste sans la mettre en pratique en réponse au quotidien des populations ?
La fin du capitalisme ne se décrète pas, elle est constitutive d’un rapport culturel de classe avec une pratique quotidienne émancipatrice.