POLITIQUE GÉNÉRALE

22 octobre 2026 – Retour sur les manifestations massives du 17 octobre

La formidable mobilisation du 17 octobre dans le pays pour mettre fin à Parcoursup et doter les lycées et universités de moyens dignes de notre nation a rencontré un écho énorme de la part du monde du travail et des citoyens. Ceux-ci, par centaines de milliers, ont porté leurs revendications sur les salaires, contre les augmentations générées par la guerre sur le pétrole, la lutte contre le dérèglement climatique, l’aggravation des précarités et l’extrême droitisation du pouvoir sous l’influence du RN et d’une droite acquise à ses thèses, prête à tout pour garder ses privilèges.
Le Président de la République et son Premier Ministre continuent de refuser obstinément de répondre aux attentes justifiées de millions de Françaises et de Français qui portent la justice sociale, climatique et fiscale dans une convergence de luttes remarquable.
Le ministre de l’intérieur a sous-évalué volontairement la portée du 17 octobre en matière de mobilisation en minimisant l’engagement des forces de l’ordre, et en ayant comme objectif de faire porter la responsabilité du chaos à la gauche. (cf articles de Mediapart).
Dès le début des rassemblements, les manifestants ont été gazés et nassés, les cortèges ont donc été coupés, permettant à des personnes extérieures aux manifestations de saccager les biens publics et privés.
Le PCF No Pasaran condamne la répression policière comme seule réponse d’un pouvoir aux abois qui refuse obstinément de remettre en cause les milliards de cadeaux délivrés aux riches. Il est insupportable que 8.000 de nos enfants aient eu à subir des gardes à vue, que des jeunes soient amputés et éborgnés à vie.
Le PCF No Pasaran condamne le parti pris de l’information publique à charge contre les organisations de gauche et la CGT. Nous dénonçons la Bollorisation de tous les médias privés et la mise au pas de journalistes.
Le PCF No pasaran condamne les pillages et destructions des biens publics et privés. La misère sociale créée de toutes pièces par le MEDEF et les gouvernements successifs accouche de ses maux. Cela dessert les objectifs et la satisfaction des revendications pacifiques de centaines de milliers de manifestants.
La récupération de certains élus sous l’égide du candidat Lisnard n’est qu’une intoxication de plus pour faire oublier leurs responsabilités au parlement et au sénat, de soutien à l’Etat macronien depuis 10 ans. Ils revendiquent une augmentation des forces de l’ordre, un état d’urgence et une nouvelle loi anti-manifestation, sans jamais aborder leur responsabilité dans la casse des services publics par l’Etat depuis 10 ans, la désertification avérée (pompiers, hôpitaux, poste, SNCF, impôts, ANPE, Justice, baisse des dotations aux collectivités…) Se déclarer apolitique est un non sens quand ces mêmes élus accompagnent les privatisations des services publics et la précarité massive institutionnalisée. Leur parti pris constitue dès lors un soutien inconditionnel au seul parti qui gouverne le pays, le MEDEF et ses actionnaires. C’est le choix de la classe des riches qu’ils défendent !
L’utilisation par le président du RN du vocable « l’armée du crime » nous renvoie à la volonté de l’extrême droite de banaliser les termes des occupants nazis de 1940 en martelant son soutien aux violences policières et à son programme d’un état d’apartheid et de haine.
Le PCF No Pasaran soutient les mouvements lycéens, étudiants, de travailleuses et travailleurs qui se battent pour leurs légitimes revendications face aux richissimes et à l’État qui les protège. Il appelle ses adhérents et toutes les forces progressistes à s’engager sans retenue dans la journée interprofessionnelle d’action du 5 novembre à l’appel des organisations syndicales.

janvier 2025 – Passer du déclin au possible communisme

La violence du néolibéralisme entre dans une phase de méconnaissance pour l’immense majorité de la population car l’articulation du miroir du consumérisme et de l’individualisme exacerbé évite une conscientisation de l’analyse de la crise. Le cadre du contrat individuel se substitue en tous domaines au contrat collectif protecteur tant qu’il était pensé, structuré et faisait obligatoirement appel au vécu et au réel partagé, aux luttes conquérantes. L’analyse de classe laissant la place à des inconnues fabriquées de toutes pièces par les labos dépeceurs du sens de l’humanité portée depuis 7 décennies. Ainsi les termes galvaudés de « gouvernance, société civile » ont eut raison des structures démocratiques perfectibles et deviennent l’articulation du management totalitaire. Le terme « politique » suscite rejet tant il est assimilé à une classe hors sol qui pense pour elle et agit pour elle. L’interventionnisme de l’Etat en tant que force de défense permanente de la grande propriété privée est caractéristique de la célérité à continuer de marchandiser chaque pan, chaque minute de la vie et donc de la création de richesses produites, échappant complètement à ceux qui les produisent. L’économie circulaire érigée en nouveau dogme pour continuer à émarger sur les aspects qui devraient devenir les communs accessibles notamment la question de la gestion des déchets et de l’ensemble des cycles de production nécessitant tous une réutilisation complète des matériaux jusqu’à leur stade ultime. A joutons à cela une absence totale de planification et une main mise du secteur privé sur la quasi-totalité de l’économie, du système bancaire, des médias, des ressources naturelles quantifiées pour servir uniquement le capital et ses actionnaires.
La noirceur du tableau accompagné des conflits coloniaux pour le contrôle de sols, sous sols, de l’eau et de l’hégémonie culturelle de l’exploitation finalise le tableau, avec en exergue les bouleversements climatiques qui défraient la chronique au quotidien tant ils sont dévastateurs pour les peuples, les écosystèmes, la biodiversité, le vivant. Dans ces conditions, il est clairement posé l’utilité du PCF et des ses organisations pour reconquérir le droit à « humanité » ou à une humanité construite et partagée. Le matériel conceptuel et le patrimoine collectif du PCF devrait en faire une force incontournable. Face au désespoir, aux mensonges permanents de la classe dominante et de ses alliés, il est inconcevable que la force organisée communiste ne se redéploye pas sur deux axes complémentaires. Aborder la question des communs et en ce sens l’effort porté par la commission écologie et le document Empreinte 2050 est un bon marqueur pour retravailler la question de l’imaginaire essentiel à tout projet émancipateur de classe, révolutionnaire de surcroit. Ce qui est donc posé est bien la bataille culturelle pour reprendre le sens de la lutte de classe afin que la classe ouvrière et ses allies face classe ensemble. Celle-ci ne peut en aucun cas se satisfaire de propos démagogues et populistes de certains de nos dirigeants nationaux, ni de recherche d’affrontement permanents avec d’autres forces de gauche. Constater que les services publics sont dépecés jours après jours, lutter pour leur maintien est une chose dans le cadre des réponses aux besoins sociaux. Poser des cadres de réponses atteignables grâce aux luttes des travailleurs et des populations permettrait de renouer avec l’utilité des organisations communistes de proximité. Passer de l’envie et de la démarche à l’action change la donne et redonne espoir. Par exemple sur la question de l’accessibilité alimentaire digne pour toutes et tous. Ce que nous avons comme idéal est le droit universel à une alimentation digne, ce que nous pouvons obtenir dans les luttes est bien l‘utilisation du service public et de ses infrastructures pour passer de la fabrication de 5 repas par semaine pour les scolaires à 14 repas pour tous les citoyens. La question technique sera résolue par le cadre de planification, d’apprentissage, d’implication de professionnels de la production (paysans), de la transformation, de la distribution et les mangeurs qui pourront devenir producteurs ou transformateurs dans un cadre d’éducation populaire. Cela implique que ces questions soient portées politiquement afin de passer de la banque alimentaire subie à un cadre d’alimentation digne choisie et construit, qui respecte l’environnement et les hommes et femmes qui produisent. Le cas d’école sur d’autres sujets est identique un atelier coopératif public et ou associatif, avec la possibilité pour chaque citoyen de continuer à être formé, encadré, accompagné sur tel ou tel type de métier pour qu’il puisse se fabriquer sa table de chevet, souder une grille, réparer une fuite… La question du lien social et du sens de nos vies communes re-questionne obligatoirement les contenus de nos interventions mais surtout la velléité de construire des espaces et des lieux communistes afin de redonner espoir y compris à de nombreux camarades qui sont en retrait de la vie politique aujourd’hui. Comment pourrait-on avoir une démarche de visée communiste sans la mettre en pratique en réponse au quotidien des populations ?
La fin du capitalisme ne se décrète pas, elle est constitutive d’un rapport culturel de classe avec une pratique quotidienne émancipatrice.